
Un homme humilié et blessé par l’infidélité de sa femme se substitue, malgré lui, à son amant et bascule dans l’univers BDSM. Un texte qui explore avec force et humanité la complexité du couple, la brutalité des désirs et les conflits intérieurs.
« Tu m’attendras ce soir, les yeux bandés, en bonne petite chienne docile. Je ne prononcerai pas un mot. Je te baiserai comme le mérite la Salope que tu es. » Je repose vivement le téléphone de ma femme, le cœur battant à tout rompre, les mains tremblantes. Elle sort de la salle de bain, attrape son sac à main et y glisse son mobile. Tout va si vite, rien ne semble réel. Je la regarde sans la voir. Un voile recouvre la réalité autour de moi. J’entends à peine sa voix — surréaliste.
— Bon, j’y vais. Je rentre tard ce soir, tu n’as pas oublié ? Je vais manger avec Anne-Laure. Ne m’attends pas. Allez, bisous.
La porte se referme.
J’ai envie d’hurler, mais cet effort me paraît insurmontable. Un néant dense et colossal emplit mon être, gonflant au fond de mes entrailles, prêt à me faire exploser. Le sang frappe dans mes veines. Je ferme les yeux. Depuis des mois, je me doutais de quelque chose, mais je refusais de le voir. Elle pianotait constamment sur son écran, elle s’achetait de nouvelles fringues, elle rentrait de plus en plus tard. Quel con ! Mais pourquoi fait-elle ça ? Depuis des années, le sexe est devenu la dernière de ses préoccupations. Quand, à de rares occasions, je viens vers elle, elle s’offre à moi sans passion, sans tendresse, juste par habitude. Par compassion. J’en ai fait mon deuil. J’ai pris l’habitude d’évacuer mes pulsions en matant des pornos ou en discutant avec de petites allumeuses sur le net. Mais je viens de me prendre la vérité en pleine gueule : son ardeur n’est pas morte. Au contraire. Elle s’est amplifiée à un point qui me semble encore impossible à appréhender. Et c’est à un autre homme qu’elle le doit. Un homme qui est parvenu à libérer la « salope » en elle. Un homme qui a éveillé son envie d’être « chienne ». Comment fait-il pour qu’elle se sente aussi vivante avec lui ? Quel genre de sous-merde suis-je ? Elle aime les insultes ? Pourquoi ne me l’a-t-elle jamais dit ? Je sais… Je ne suis pas à la hauteur. Je suis faible, vide, insipide…
— Papa ! Tu sais où est ma gomme Naruto ?
La voix de ma fille, Emma, surgit en plein milieu de ma stupeur. Ma femme me trompe et… il faut que je cherche une gomme ?
— C’est bon. Elle était dans mon cartable. On y va ?
Sans savoir comment, je trouve la force de prendre ma sacoche, de descendre les escaliers et d’accompagner Emma jusqu’à son école. Elle me parle de Sacha qui a volé un stylo, de sa maîtresse qui explique mal, des garçons qui ne sont pas matures… Je tente de lui accorder mon attention, mais le mieux que je réussisse à faire, c’est de faire semblant. Je ne l’entends pas vraiment. Je l’écoute encore moins. Je ne suis pas là. Je l’embrasse machinalement et lui souhaite une bonne journée. Ma réalité s’effiloche devant moi. Tout se désagrège.
Tel un zombi, je me rends à la station de métro. Les gens autour de moi semblent tous vivre dans un monde parallèle. Ils continuent de vaquer à leurs occupations comme si le monde ne venait pas de s’écrouler. Je traîne mon apathie dans les couloirs bondés, dans la rue, jusqu’au bureau. Bonjour, salut, la forme ? Je tombe sur mon siège, les yeux rivés à mon écran noir. Elle le retrouve ce soir… Ce soir ! Elle va se rendre chez lui, frapper à sa porte, écarter les cuisses pour lui… Mes mains se crispent, ma mâchoire se resserre à m’en faire péter les dents. Putain ! Mais quelle pute ! Elle va aller se faire tringler pendant que j’attendrai gentiment à la maison, comme un gros connard. Et ce ne sera pas la première fois. Combien de fois lui a-t-elle sucé la bite ? Combien de fois a-t-elle eu la bouche pleine de son sperme ? La rage monte en moi, brûlante et dévastatrice. Et pourtant, je bande. Ma queue est gonflée comme elle ne l’a pas été depuis bien longtemps. Pourquoi mon corps m’inflige cette humiliation supplémentaire ?
Pendant des heures, j’oscille entre fureur et désespoir. Elle va lui offrir sa chatte. Sa chatte que j’aime tant, que je glorifie, qui ne devrait être qu’à moi. Je suis dépassé, hors-jeu, obsolète. Comment pourrait-elle avoir envie de moi ? Je fais la vaisselle ? Génial ! Je sors la poubelle ? Fantastique ! L’autre la traite de chienne, et la voilà qui accourt, la fente ruisselante ! Non. Je n’accepte pas. Hors de question ! Je me lève et traverse le couloir. Un collègue m’appelle. Je ne comprends pas ce qu’il dit, mais j’en ai rien à foutre. Je quitte l’immeuble et traverse la rue sans même regarder. Bus 61, direction Pantin. Je vais aller lui parler au taf. Elle comprendra. Elle oubliera l’autre.
Au pied du bâtiment, j’hésite pourtant. Ce que je m’apprête à faire est pitoyable. Est-ce que je veux être ce mari cocu qui vient supplier ? Ou celui qui s’emporte en lui foutant une gifle ? Non, je ne veux rien de tout ça. Je veux la récupérer, c’est tout. Mais alors quoi ? Des tremblements me secouent l’épaule. Décide-toi, pauvre larve ! À cet instant, je la vois sortir par la porte principale et se diriger vers le boulevard. Je commence à la suivre, mon cœur cognant violemment dans ma poitrine, mes jambes manquant de fléchir à chaque pas.
Elle finit par entrer dans un hôtel. C’est là que ça doit se passer, mais je peux encore l’arrêter. Je passe la grande porte et je l’aperçois en train de monter l’escalier. Mon esprit tourne à toute vitesse, essayant de trouver la meilleure façon de l’intercepter, de lui dire qu’elle ne doit pas faire ça, que je l’aime, qu’on peut tout réparer. Les mots se mélangent, ils n’ont plus aucun sens. Perdu dans mes réflexions, je l’ai laissé monter un étage. Je cours pour la rattraper.
Trop tard. J’ai à peine le temps de la voir refermer la porte de sa chambre. Je m’avance jusqu’au seuil, incapable de frapper. Elle est là, dans cette pièce où elle s’est rendue seule. Personne ne l’y a obligé. Au contraire, elle est certainement tout excitée de son aventure. Elle a dû déposer son sac, sortir le bandeau dont elle se couvrira les yeux, et se préparer avec enthousiasme, pour ce salaud qui va venir la baiser. Soudain, une ombre apparaît à ma gauche.
— Excusez-moi, c’est ma chambre.
Un mec banal, en costard gris, me regarde avec sa clé magnétique à la main. Mon sang ne fait qu’un tour : je l’attrape par le col et le pousse sur toute la longueur du couloir. Ses pieds ne suivent pas, il dérape et s’affale au sol. Penché au-dessus de lui, je lève mon poing avec fureur. Une force incontrôlable me pousse à le détruire totalement, à le réduire en un tas de chair sanglante, à l’effacer de ce monde. Son visage n’exprime que frayeur, lâcheté et médiocrité. Est-ce vraiment lui qui se tape ma femme ? Je lui arrache la carte de la main, respire un grand coup et tente de ne pas hurler.
— Tu ne la contacteras plus jamais. Tu comprends connard ? Tu vas l’oublier. Si jamais j’ai le moindre doute, je détruirai tout ce qui compte pour toi. Tu m’as bien compris ?
Il hoche la tête sans oser prononcer un mot. Je me redresse et le regarde s’enfuir dans les escaliers. Et maintenant ? Je m’approche de la porte et glisse la carte. Bip ! J’abaisse la poignée.
J’entre dans une sorte de minuscule salon. Le sac à main de Delphine est posé sur une chaise. Ses vêtements aussi… Je n’arrive plus à respirer. Une culotte, que je n’ai jamais vue, traîne par terre, juste au seuil de la chambre. Une massue s’abat sur mon cœur. Une vague de rancœur et de haine me submerge. Espèce de pute ! J’y vais.
Elle est allongée sur le ventre, totalement nue, les jambes écartées. En entendant mes pas, elle relève les fesses en faisant glisser ses seins contre le matelas, jusqu’à dresser son cul de façon obscène.
— Bonjour, Maître. Votre Salope est prête pour vous.
Je reste figé, ne comprenant rien. Ou comprenant trop bien. Alors que je n’ai jamais voulu lui imposer une virilité envahissante, que je n’ai jamais insisté suite à un refus et, qu’au contraire, je me sentais coupable d’avoir pu évoquer certaines envies, je la retrouve s’offrant à un autre, soumise à sa perversité.
Je place mes mains sur son cul. Un frisson lui fait redresser les épaules. Salope ! Pour la première fois de ma vie, j’ai envie de lui faire mal. Vraiment mal. Et ça m’excite… Je me dégoûte. Ce n’est pas moi, putain ! C’est elle qui a fait naître ces sentiments en moi. Je la déteste. Alors je lève ma main et la rabats avec une violence dont je ne me savais pas capable. La claque résonne brutalement, sèchement. Elle pousse un gémissement de douleur, sa fesse droite marquée au rouge par l’impact. Elle inspire et…
— Merci, Maître.
Je n’en reviens pas. Est-ce vraiment elle qui se comporte ainsi ? Ma Delphine ? Comme pour amplifier encore ma stupéfaction, des pulsions inconnues se mettent à bouillonner en moi. Je bande comme si je venais de découvrir son cul. Une tension brutale gonfle en moi. Bam ! Je lui balance une autre claque, puis une autre, et encore une autre. Son cul prend une couleur écarlate. À chaque coup, elle me remercie de nouveau et se cambre toujours plus. Sa fente ouverte ruisselle sous mes yeux et fait enfler ma rage. Je me décale et lui balance une gifle cinglante en plein sur le clitoris. Elle se recroqueville d’un coup, bombant le dos et poussant un cri de douleur déchirant. Elle halète, serre les poings, mais reprend sa position.
— M… merci, Maître.
— Je t’en prie.
Un tressaillement lui fait brusquement pivoter le visage en même temps que son corps se crispe. Bien sûr, elle a reconnu ma voix. Mais elle ne bouge pas, ne prononce pas un seul mot. Pas de crise de larmes, pas d’excuses bidons. Elle attend.
— T’es vraiment une sacrée salope.
Je lui gifle de nouveau la chatte, entraînant au passage un long filet de mouille. Elle étouffe un gémissement de douleur.
— Oui, Maître.
— Tu sais que je dois te punir, salope.
— Oui, Maître.
Je passe mes doigts entre ses lèvres dégoulinantes, les enduisant abondamment de mouille, puis je les colle contre son anus. Je le masse en appuyant de plus en plus fortement, jusqu’à y enfoncer deux doigts.
— C’est comme ça qu’on corrige une chienne ?
— Maître…
— Supplie-moi de te punir comme tu le mérites.
— Je vous en supplie, Maître. Punissez-moi comme vous le déciderez.
— Non. Sois précise, salope !
J’enfonce entièrement mes doigts au fond de son cul. Elle pousse un petit cri avant de me répondre.
— Enculez-moi, Maître. Je le mérite.
Je me redresse, debout au pied du lit. Je ne comprends rien à l’excitation qui s’empare de moi, mais ça fait des années que je n’ai pas ressenti une telle envie irrépressible de la baiser. Je vais la sodomiser, elle, Delphine, alors qu’elle avait toujours refusé d’essayer.
— Écarte tes fesses, salope.
Elle m’obéit sans un mot, offrant à ma vue son orifice intime. Est-ce que l’autre aussi l’enculait ? Cette pensée fait monter en moi une rage terrible. Je pointe ma queue contre son anus et je pousse sans ménagement. D’un seul coup, mon gland force l’entrée terriblement serrée. Elle pousse un cri. Merde ! Qu’est-ce que je suis en train de faire ? Soudain, j’ai l’impression de revenir à la réalité. Est-ce que je lui ai fait mal ? Je n’ose plus bouger.
— Ahh… Merci, Maître.
Ces répliques sont débiles. Mais elles m’excitent tellement. Alors je reprends ma progression au plus profond de ses chairs. Ma verge glisse lentement, mais inexorablement dans son rectum, jusqu’à y disparaître entièrement. Mon Dieu ! C’est serré, chaud et tellement lisse. C’est le cul de Delphine. J’encule ma femme ! Aussitôt, tous mes tourments s’évanouissent. Le coup de poignard du matin, l’angoisse et la panique incontrôlable de la journée, plus rien n’existe. Un sentiment totalement décalé de gratitude a tout balayé. J’aimerais juste lui dire à quel point je l’aime. Mais non. Surtout pas. Je le ferai plus tard.
— Rhaaa ! Ça se voit que tu as l’habitude, salope !
— Non Maître. C’est la première fois.
A-t-elle le droit de mentir à son dominant ? Je réalise toute l’absurdité de ma réaction, mais à l’idée d’être le premier, le seul, je me sens brusquement renaître. Je ne suis plus cette lopette, ce cocu ridicule, ce mari médiocre qui ne sait pas combler sa femme. J’ai envie de la prendre dans mes bras, de m’excuser de l’avoir délaissé, de ne pas avoir su être à son écoute… Est-ce qu’elle soupçonne mon émoi ? Pour la première fois, elle prend l’initiative de la parole :
— Maître. Enculez-moi, encore, plus profondément, comme une pute, comme votre esclave, comme la chienne que dois être pour vous. Enculez-moi autant que vous le désirerez. Mon cul n’appartient qu’à vous, pour toujours. Pour la vie.
J’accélère mes coups de boutoir. Je sais bien qu’elle vient de me déclarer son amour, à sa façon étrange. Je n’en suis pas tout à fait certain, mais je crois que je commence à comprendre ce nouveau langage. On verra bien. Je me retire lentement en l’incitant à continuer d’écarter les fesses.
— Tu peux être fière, salope, tu as le cul totalement dilaté. Un superbe trou sombre et béant. Bon, retourne-toi et viens me sucer.
Elle ne me répond pas. Suis-je allé trop loin ? Même dans mes fantasmes les plus trash, je n’ai jamais imaginé ça. Lui demander de pomper ma bite qui sort de son cul, c’est clair, c’est dégueulasse. Mais je lui offre sans doute le meilleur moyen de prouver son abnégation.
— Êtes-vous certain, Maître ?
— Oui. Montre-moi que tu mérites de m’appartenir.
Elle s’approche, semble hésiter, prend une grande inspiration et enfourne mon sexe jusqu’à sa gorge. Sans attendre, elle bascule sa tête dans de rapides mouvements d’avant en arrière. Comme si elle n’avait espéré que ça. Brusquement, elle est prise d’un haut-le-cœur et paraît proche de la nausée, mais elle recommence aussitôt à pomper ma queue avec un entrain fantastique. Putain ! Ça vient déjà ! Je lui agrippe les cheveux, coince sa tête pour enfoncer ma bite et je lâche mon foutre tout au fond en rugissant.
Elle se dégage lentement, redresse le visage vers moi et ouvre grand la bouche pour que je puisse admirer sa langue, noyée dans mon sperme. Elle tente d’articuler quelques mots.
— Maître, ai-je le droit d’avaler ?
— Je t’autorise. Tu as été une bonne salope.
Le soir, une fois rentrés chez nous, tout reprend son cours comme avant. Elle me rappelle que la facture d’électricité n’est toujours pas réglée, je lui dis que sa mère a laissé un message, on mange en regardant la télé… Quand elle me rejoint au lit, c’est elle, finalement, qui aborde le sujet.
— Ce n’est pas facile de trouver l’équilibre dans… ce genre de relation. Mais je te propose quelque chose.
— Oui, dis-moi.
— Disons que je vais me comporter normalement, tout le temps, mais qu’à n’importe quel instant, si tu m’appelles Salope, tu redeviens mon Maître.
— Hum. Oui, ça me va.
Elle me sourit et vient se blottir dans mes bras.
— Delphine, tu sais que je t’aime plus que tout au monde ?
— Oui. Je le sais. Et malgré les apparences, tu as toujours été, et tu es, le seul que j’aime.
Je la serre fortement dans mes bras, lui embrassant les cheveux.
— Au fait, j’aimerais bien que tu dormes toujours entièrement nue.
— Rhooo. Mais si je dois me lever ? Non. Ce n’est pas pratique. Oublie ça, on trouvera d’autres idées.
— Mouais. C’est vrai… C’est pas pratique…
Un silence tendre s’installe. Elle caresse mon torse alors que je regarde au loin, en direction du plafond, une main caressant ses cheveux. Soudain, je m’aperçois que je fronce inconsciemment les sourcils.
— Je veux que tu dormes à poil, Salope.
Elle se lève, retire sa culotte et son t-shirt, et revient s’allonger dans mes bras, un sourire aux lèvres.
